Alcool et cancer du sein : quel est le risque ?
L’alcool est reconnu comme cancérigène pour l’être humain. Le risque de cancer du sein augmente de manière proportionnelle à la quantité d’alcool consommée, sans seuil minimal protecteur. En Europe, près de 40 000 nouveaux cas de cancer du sein en 2020 étaient imputables à l’alcool (OMS). En France, on estime que plus de 8 000 cancers du sein par an sont liés à la consommation d’alcool, même modérée (MILDECA). Le risque apparaît dès moins d’un verre par jour, avec une progression dose-dépendante.
Ce risque dépend uniquement de la quantité d’alcool pur ingérée : un verre standard apporte toujours 10 g d’alcool, que l’on boive du vin, de la bière ou un spiritueux (INCa). Le type de boisson n’a donc aucune influence sur l’effet cancérigène. Les recommandations officielles préconisent une consommation modérée et occasionnelle, ce qui permettrait de minimiser l’exposition globale.
Le risque est plus élevé chez les femmes présentant déjà d’autres facteurs comme la densité mammaire, certains antécédents familiaux ou la prise de traitements hormonaux. Dans ces situations l’alcool agit comme un amplificateur, ce qui explique l’attention particulière portée à ce facteur dans les conseils de prévention.
À savoir
Une consommation quotidienne équivalente à une bière de 500 ml ou 2 verres de vin de 100 ml représente, à elle seule, un quart des cancers du sein attribuables à l’alcool dans plusieurs pays européens. Le risque augmente dès moins d’un verre par jour.
Pourquoi l’alcool favorise-t-il le cancer du sein ?
L’alcool agit sur plusieurs aspects à la fois qui fragilisent progressivement le tissu mammaire.
Les altérations de l’ADN
L’acétaldéhyde est le produit formé quand l’organisme transforme l’alcool. Ce composé est instable et peut léser l’ADN s’il reste présent en quantité suffisante. Des systèmes de réparation existent mais ils ne compensent pas toujours ces agressions répétées.
Les changements hormonaux
L’alcool entraîne des variations hormonales qui stimulent les cellules mammaires sensibles aux œstrogènes. Ce rythme de division plus élevé laisse moins de marge aux systèmes de contrôle cellulaire, ce qui explique la vulnérabilité particulière des tumeurs hormono-dépendantes ici.
Les déficits nutritionnels
L’alcool réduit aussi l’absorption de certains micronutriments protecteurs, notamment les folates et plusieurs vitamines impliquées dans la régulation immunitaire. Avec le temps, cette baisse fragilise les capacités de surveillance cellulaire, un mécanisme important dans le tissu mammaire.
Tabac et cancer du sein : quel risque ?
On sait déjà que le tabac est impliqué dans de nombreux cancers, y compris celui du sein. Les données épidémiologiques montrent une augmentation du risque de 10 à 40 % chez les femmes qui fument, avec un impact aussi pour l’exposition passive (Association Addictions France). Le tabagisme actif ou passif expose les tissus mammaires à des dizaines de substances cancérigènes. Ces composés contribuent à la formation de mutations qui favorisent l’apparition d’une tumeur.
Plus d’un cancer du sein sur 10 peut être attribuable au tabagisme (Addictions France). Ce risque ne disparaît pas immédiatement après l’arrêt mais diminue progressivement, il est donc impératif d’interrompre sa consommation le plus tôt possible. Certaines études rappellent également que la poursuite du tabagisme après un diagnostic de cancer du sein aggrave les résultats des traitements, car certaines chimiothérapies sont moins efficaces lorsque la nicotine est présente.
À savoir
Avant une reconstruction mammaire, il est recommandé d’arrêter de fumer. Le tabac réduit l’oxygénation tissulaire, ralentit la cicatrisation et peut multiplier par 4 le risque d’infection postopératoire.
Peut-on boire de l'alcool après un cancer du sein ?
Boire de l’alcool après un cancer du sein n’a pas le même impact selon le traitement reçu, la présence d’hormonothérapie ou la tolérance des derniers mois. Une consommation même modérée peut réactiver les mêmes mécanismes biologiques impliqués dans la première tumeur, notamment la production d’acétaldéhyde et les variations hormonales. Cette exposition entretient un terrain moins stable pendant les années de surveillance.
L’interaction avec certains traitements anti-cancer peut aussi poser problème. Les traitements hormonaux adjuvants, par exemple, peuvent être moins bien tolérés lorsque l’alcool s’ajoute aux effets secondaires déjà présents.
Le Dr Fitoussi souligne l’importance d’avoir cette discussion durant le suivi oncologique car l’alcool ou le tabac peuvent modifier le déroulement de la récupération tissulaire, en particulier chez les patientes engagées dans un parcours de reconstruction mammaire.
Comment réduire les risques liés à l’alcool et au tabac ?
Réduire l’alcool et stopper le tabac restent les mesures les plus efficaces pour diminuer le risque de cancer du sein ou limiter les rechutes. Les autorités de santé recommandent de ne pas dépasser 10 verres par semaine en espaçant les consommations et en gardant des jours sans alcool. Attention cependant : ces limites réduisent l’exposition mais ne suppriment pas totalement le risque.
Concernant le tabac, l’arrêt apporte un réel bénéfice quel que soit le moment où il survient. Il permet d’améliorer la tolérance aux traitements, de réduire les complications postopératoires et de faciliter la cicatrisation. Pour le Dr Fitoussi cette étape fait partie des conditions qui optimisent les suites d’une intervention mammaire, surtout si une reconstruction est envisagée.
Plusieurs outils peuvent accompagner ces changements : alcoometre.fr pour évaluer sa consommation d’alcool, Tabac Info Service ou les centres spécialisés pour un soutien dans l’arrêt du tabac.
Questions fréquentes sur les risques de l'Alcool et du tabac sur le cancer du sein
Le risque de cancer du sein augmente-t-il avec moins d’un verre d’alcool par jour ?
Oui. Les données montrent que le risque apparaît dès de faibles quantités.
Le type d’alcool change-t-il le degré de risque ?
Non. C’est la quantité d’alcool pur qui compte, pas la boisson consommée.
Arrêter de fumer après un cancer du sein réduit-il les complications ?
Oui. L’arrêt permet d’améliorer l’efficacité des traitements et de réduire le risque d’infections.
L’alcool peut-il interagir avec les traitements du cancer du sein ?
Oui. Certains traitements hormonaux peuvent être moins bien tolérés ou moins efficaces en cas de consommation d’alcool.
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