L’hérédité et les mutations génétiques : des causes connues de cancer du sein
L’hérédité dans le cancer du sein chez la femme
Une femme qui a une parente atteinte de la maladie avant la ménopause a plus de risques d’en développer elle-même un cancer du sein. Selon l’Institut national du cancer, il existe une prédisposition génétique dans 10 % des cancers du sein (1). Mais on ne peut pas vraiment parler d’hérédité.
Les mutations des gènes BRCA1 et BRCA2
5 à 10 % des cancers du sein sont dus à une mutation génétique. Ce sont les gènes BRCA1 et BRCA2 qui sont impactés. Lorsque ces atteintes génétiques sont présentes, elles amplifient le risque de survenue d’un carcinome du sein avant l’âge de 70 ans.
Pour être plus précis, une personne porteuse d’une atteinte sur le gène BRCA1 a un risque de 65 % de développer la maladie.
Lorsque l’altération porte sur le gène BRCA2, le pourcentage de développement d’un cancer du sein s’élève à 45 %.
L’âge et le sexe : 2 facteurs de risque du cancer du sein bien connus
4 cancers du sein sur 5 sont détectés chez des femmes de plus de 50 ans, selon l'Institut national du cancer (2). À titre informatif, 61 214 femmes ont été diagnostiquées en 2023 (2). Mais cette maladie touche également la population masculine : le cancer du sein chez l'homme représente 1 % des cas, en général après l'âge de 60 ans. Chez les femmes, l'âge médian, lui, est de 64 ans en 2023 (2). Et cela est en partie dû à l'exposition plus prolongée aux œstrogènes. On parle alors de cancer du sein hormonodépendant.
Cancer du sein hormonal : ce qu’il faut savoir
Les cancers mammaires d’origine hormonale sont les plus courants. Ils représentent 80 % des atteintes cancéreuses mammaires, selon l’Institut national du cancer (2). Voyons quels sont les causes et facteurs de risque de ce type d’atteinte.
Puberté précoce et tumeur mammaire
La survenue de ce type de cancer du sein est influencée par l’apparition des menstruations avant 12 ans (3). L’exposition aux hormones œstrogéniques est, en effet, plus longue chez les femmes qui présentent une puberté précoce.
Pilule et cancer du sein
8 femmes sur 10 000, exposées à la pilule œstroprogestative durant une période d’au moins 5 ans, auraient un risque de développer une tumeur hormonodépendante (2). Même si le pourcentage reste faible, il peut également se conjuguer avec d’autres facteurs de risque, comme l’obésité.
Ménopause, traitement THS et développement du cancer du sein
La ménopause se caractérise par une chute d’œstrogène. Les seins ne sont alors plus soumis à ces hormones. Plus la ménopause survient tardivement, et plus le risque d’avoir un cancer du sein reste important. Les médecins estiment ainsi que la probabilité de déclencher une atteinte cancéreuse au sein est plus importante lorsque la ménopause survient après 55 ans (4).
Par ailleurs, en France, le traitement hormonal substitutif est aussi sur le banc des accusés (5).
Ce traitement, aussi appelé THS, permet de limiter les bouffées de chaleur, ainsi que les autres désagréments liés à la transition ménopausique. Mais lorsque la prise de THS est de plus de 5 ans, il existe une probabilité de survenue de cancer du sein (3) plus importante. D’autres facteurs viennent aggraver ce risque, notamment l'obésité et la ménopause tardive.
Grossesse et diagnostic de cancer du sein
Le nombre de cycles menstruels avant une grossesse impacte le risque de développer une tumeur au sein (5). Cela s’explique encore une fois par la présence plus ou moins prolongée aux hormones ovariennes.
Quant à l’allaitement, il protège la mère de la survenue d’un cancer du sein. Le risque de déclencher un cancer du sein serait réduit de 4 % (5).
Principaux facteurs de risque du cancer du sein : niveau de preuve et impact
Antécédents personnels et cancer du sein
Le risque de récidive du cancer du sein reste élevé après un premier cancer (6).
Par ailleurs, l’exposition à des radiations thoraciques avant l’âge de 30 ans présente un risque supplémentaire de 12 à 20 % de développer un cancer du sein vers l’âge de 45 ans (7).
Les particularités mammaires, un facteur déclenchant avéré de cancer du sein
La recherche médicale a également établi un lien entre l’apparition d’altérations précancéreuses et le risque de développer un cancer du sein :
- La présence d’un carcinome lobulaire in situ aurait 7 à 11 fois plus de risque de se transformer en cancer du sein dans les 15 années qui suivent.
- La détection d’une hyperplasie atypique prédisposerait à l’apparition d’un nodule malin.
- Enfin, la densité mammaire influence également la survenue des cellules cancéreuses à un niveau du sein (5).
Les facteurs liés au mode de vie et le cancer du sein
Les autres principaux facteurs de risque environnementaux avérés
Le taux de cancer du sein augmente également en fonction de différents éléments. Le surpoids est pointé du doigt, tout comme, la consommation d’alcool régulière. Un verre par jour d’alcool suffirait à augmenter ce risque de 10 % (6).
Les déclencheurs liés à l’environnement suspectés dans le cancer du sein
L’alimentation, le tabagisme et la sédentarité font aussi partie des facteurs déclenchants évoqués. Ils font l’objet d’études plus poussées.
D’autres facteurs environnementaux sont mis en cause. Ils pourraient altérer l’équilibre hormonal et favoriser le développement des carcinomes du sein :
- Des perturbateurs endocriniens ;
- Le taux de pollution de l’air ;
- L’exposition aux produits chimiques ;
- Du travail de nuit.
Chiffres clés des facteurs de risque du cancer du sein
Prévenir le cancer du sein : quelles solutions ?
Les atouts d’un dépistage précoce du cancer du sein
Lorsque la détection précoce de la maladie est précoce, le taux de survie à 5 ans est de 99 %. Si le cancer est diagnostiqué tardivement, ce taux chute à 26 % (1). Le Dr Alfred Fitoussi, spécialiste du sein à Paris, s’occupe de la prise en charge et du traitement des pathologies mammaires.
Il souligne l’importance de la mammographie en diagnostic de première intention. Grâce à un dépistage du cancer du sein régulier, incluant l'autopalpation mensuelle, il est possible d'agir à un stade métastatique peu avancé de la maladie.
Le bilan génétique reste également l’une des meilleures alternatives pour détecter les formes héréditaires de cancer du sein. En parallèle, il est possible d’agir en préventif, pour limiter certains facteurs de risque.
Des gestes pratiques pour limiter les risques
Voici quelques éléments relevant de l’hygiène de vie :
- Avoir des habitudes alimentaires saines avec un apport de produits riches en fibre (environ 25 g/j) ;
- Pratiquer une activité physique à raison de 30 minutes journalières ;
- Limiter l’alcool et tabac ;
- Veiller au maintien de son poids de forme pour éviter le surpoids.
Les causes et facteurs de risques du cancer du sein restent très variés. VVous ressentez un nodule à la palpation ? Vous avez un écoulement ou une irrégularité au niveau du mamelon ? Prenez vite rendez-vous avec le docteur Fitoussi au Centre de sein de Paris.
En savoir plus sur les signes et les symptômes du cancer du sein
Questions fréquentes sur les causes et facteurs de risque du cancer du sein
Quelles sont les principales causes du cancer du sein ?
Les principales causes du cancer du sein sont les mutations génétiques (gènes BRCA1 et BRCA2), les facteurs hormonaux (exposition prolongée aux œstrogènes), l'âge (80 % des cas surviennent après 50 ans), les antécédents familiaux et personnels, ainsi que certains facteurs liés au mode de vie comme la consommation d'alcool, le surpoids et la sédentarité. Les facteurs environnementaux comme les perturbateurs endocriniens sont également suspectés.
Quels sont les facteurs de risque génétiques du cancer du sein ?
Les mutations des gènes BRCA1 et BRCA2 représentent 5 à 10 % des cancers du sein. Une mutation sur le gène BRCA1 entraîne un risque de 65 % de développer un cancer du sein avant 70 ans, contre 45 % pour une mutation du gène BRCA2. Par ailleurs, une prédisposition génétique est identifiée dans 10 % des cancers du sein. Un bilan génétique est recommandé en cas d'antécédents familiaux.
La pilule contraceptive augmente-t-elle le risque de cancer du sein ?
La pilule œstroprogestative peut légèrement augmenter le risque de cancer du sein. Environ 8 femmes sur 10 000 exposées pendant au moins 5 ans développeraient une tumeur hormonodépendante. Ce risque reste faible mais peut s'additionner à d'autres facteurs comme l'obésité ou des antécédents familiaux. Il est important d'en discuter avec son médecin pour évaluer le rapport bénéfice-risque.
Le traitement hormonal de la ménopause (THS) favorise-t-il le cancer du sein ?
Oui, une prise du traitement hormonal substitutif (THS) supérieure à 5 ans est associée à un risque accru de cancer du sein. Ce risque est amplifié en cas de ménopause tardive (après 55 ans) ou d'obésité. Le THS soulage pourtant les symptômes de la ménopause comme les bouffées de chaleur. Une consultation médicale régulière permet d'évaluer l'opportunité de poursuivre ce traitement.
L'alcool est-il un facteur de risque du cancer du sein ?
Oui, la consommation d'alcool est un facteur de risque avéré du cancer du sein. Dès un verre par jour, le risque de développer un cancer du sein augmente de 10 %. Cet effet est dose-dépendant : plus la consommation est importante, plus le risque s'élève. Réduire ou arrêter la consommation d'alcool est donc l'une des mesures préventives les plus efficaces contre ce cancer.
L'allaitement protège-t-il contre le cancer du sein ?
Oui, l'allaitement maternel offre une protection contre le cancer du sein. Il réduirait le risque de développer cette maladie de 4 %. Cette protection s'explique notamment par la diminution temporaire de l'exposition aux hormones ovariennes durant la période d'allaitement. Plus la durée d'allaitement est longue, plus l'effet protecteur serait significatif, selon les données disponibles.
À quel âge faut-il commencer le dépistage du cancer du sein ?
En France, le dépistage organisé du cancer du sein par mammographie est recommandé pour toutes les femmes entre 50 et 74 ans, tous les deux ans. Pour les femmes présentant des facteurs de risque élevés (mutations BRCA, antécédents familiaux), un suivi personnalisé débutant avant 50 ans est préconisé. Une détection précoce permet un taux de survie à 5 ans de 99 %, contre seulement 26 % en cas de diagnostic tardif.
Quels gestes au quotidien permettent de réduire le risque de cancer du sein ?
Plusieurs habitudes de vie permettent de réduire le risque de cancer du sein : pratiquer 30 minutes d'activité physique par jour, adopter une alimentation riche en fibres (25 g/jour), maintenir un poids santé, limiter la consommation d'alcool et éviter le tabac. Limiter l'exposition aux perturbateurs endocriniens et aux produits chimiques est également conseillé. Un suivi gynécologique régulier et une autopalpation mensuelle complètent ces mesures préventives.
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